Arguments en faveur d’un parcours stratégique
Le secteur canadien de l’assurance de dommages n’est plus au stade des discussions sur l’IA, car beaucoup d’organisations sont maintenant passées à la phase d’implantation.
Une stratégie officielle d’IA n’est plus un luxe pour les précurseurs dans le domaine des technologies des assurances (« insurtech »). Elle joue, en effet, un rôle fondamental en ce qui concerne la continuité des activités, les obligations de conformité et les avantages concurrentiels. Une stratégie en matière d’IA ne vise pas à remplacer le personnel du cabinet de courtage, mais plutôt à renforcer la portée de nos interventions humaines, notre actif le plus important.
1. Stimuler la croissance : le courtier « proactif »
Dans un marché où la capacité est limitée et les attentes du consommateur sont élevées, une stratégie en matière d’IA permet de passer du mode réactif (répondre à une demande de soumission) au mode proactif (anticiper les besoins).
Hyperpersonnalisation à plus grande échelle Les outils d’IA modernes peuvent analyser votre portefeuille de polices d’assurance en vigueur et identifier les clients « sous-assurés ».
Rétention prédictive : Au lieu d’attendre un avis de résiliation, l’analyse propulsée par l’IA peut signaler les clients « à risque » en cas d’augmentation de prime, de changement sur le marché ou des tendances dans les communications. Vos producteurs peuvent ainsi intervenir avant la date de renouvellement.
L’avantage concurrentiel : Vos concurrents utilisent déjà l’IA pour analyser les signes ou marques d’intérêt. Une stratégie permet non seulement d’obtenir un nombre plus élevé d’indices qui peuvent aboutir à une vente, mais également des signes ou marques d’intérêt adéquats, compte tenu de l’appétit pour le risque de votre cabinet de courtage et de vos relations avec les assureurs.
2. Efficience opérationnelle : contrer la « taxe administrative »
Les employés au sein des cabinets de courtage craignent par-dessus tout d’être remplacés par l’IA. Pour les gestionnaires, le message doit être clair : L’IA ne remplace pas le courtier, mais le courtier qui utilise l’IA remplacera le courtier qui ne l’utilise pas.
L’objectif d’une stratégie en matière d’IA est d’éliminer la « taxe administrative », les heures consacrées à la saisie des données, à la comparaison manuelle des polices et à la récupération des documents.
Intégration au système de gestion de courtage : Peu importe le système de gestion de courtage que vous utilisez, les meilleurs outils propulsés par l’IA qui sont maintenant fournis par des tiers sont généralement intégrés à votre système de gestion de courtage. Une stratégie en matière d’IA clairement définie vous aide à activer les options d’IA intégrées à l’origine à votre système de gestion de courtage et à sélectionner les extensions d’un tiers fournisseur qui offrent le meilleur taux de rendement du capital investi.
Intervention humaine à ne pas négliger : La prestation de services en assurance repose sur les relations humaines. Ces relations humaines doivent donc être au cœur de votre stratégie en matière d’IA. L’IA est un outil puissant, et le courtier est l’utilisateur. L’IA peut fournir des données ou des renseignements, mais c’est le courtier autorisé qui valide ultimement les résultats.
3. Le mandat de gouvernance : risques liés à une « utilisation fantôme de l’IA »
Le motif le plus pressant aujourd’hui pour justifier l’élaboration d’une stratégie en matière d’IA est peut-être lié à la gestion des risques. En l’absence d’une politique officielle, il se peut que vos employés aient déjà pratiqué une « utilisation fantôme de l’IA » au sein de votre cabinet – ils utilisent peut-être les outils publics gratuits qui leur facilitent la vie sans comprendre les risques importants qui en découlent.
La trappe du « niveau gratuit »
Les outils, comme les versions gratuites de ChatGPT ou de Gemini, sont des modèles « ouverts ». Lorsqu’un membre du personnel colle l’historique des sinistres d’un client ou un tableau des valeurs dans ces outils pour obtenir un résumé, les renseignements sont intégrés au jeu d’apprentissage du modèle.
Fuite de données : Lorsque les renseignements personnels sont saisis dans un modèle d’IA gratuit, ils deviennent du domaine public. Pour un cabinet de courtage au Canada, il s’agit d’une violation directe de la LPRPDE et, encore plus, de la Loi 25 du Québec qui a établi les critères nationaux pour la protection des renseignements personnels et « le droit à la vie privée ».
Sécurité de l’information : Les outils d’IA publics n’offrent pas le degré de chiffrement requis pour les entreprises ou les garanties en ce qui concerne la résidence des données au Canada que les assureurs et autorités de réglementation demandent.
Définition d’une politique pour une utilisation acceptable de l’IA
La stratégie en matière d’IA du cabinet de courtage doit inclure une politique claire qui :
interdit strictement l’utilisation des outils d’IA publics ou gratuits d’un tiers pour toutes les données clients.
exige l’utilisation d’environnements « fermés » ou « de chiffrement entreprise » en matière d’IA (les données doivent être isolées et ne pas être utilisées comme jeu d’apprentissage).
Indique les obligations d’information : quand et comment nous mentionnons au client que l’IA a été utilisée dans la préparation du programme d’assurance.
Le contexte réglementaire du Canada
Le Conseil canadien des responsables de la réglementation d’assurance (CCRRA) et les Organismes canadiens de réglementation en assurance (OCRA) accordent de plus en plus d’importance au « traitement équitable des consommateurs » en cette ère de l’IA. Ils s’attendent à ce que les gestionnaires assurent la surveillance des algorithmes utilisés. Si un outil d’IA fournit une comparaison de polices qui contient des erreurs et que le client subit un sinistre non assuré, le cabinet de courtage est responsable, pas le fournisseur du logiciel.
La technologie, mais aussi le leadership
Le comité responsable des technologies de l’ACAC a pour mission de veiller à ce que le courtier d’assurances demeure le conseiller de confiance le plus apprécié au Canada dans la chaîne de valeur du marché de l’assurance de dommages. Une stratégie d’IA agit en quelque sorte comme un rempart qui protège votre cabinet contre les atteintes à la vie privée et comme moteur de croissance pour la prochaine décennie.
En définissant aujourd’hui votre parcours en matière d’IA, vous ne vous contentez pas d’acheter un logiciel. Vous protégez votre réputation, les heures disponibles de vos employés et la confiance que les clients vous accordent. Le courtier « humain » est là pour rester. Nous assistons tout simplement à une mise à niveau.08