Depuis des décennies, le secteur de l’assurance de dommages au Canada est aux prises avec un obstacle persistant à l’efficacité : le flux de travail par « double saisie ». Les courtiers sont souvent contraints de saisir les données des clients dans leur système de gestion de cabinet (BMS), pour ensuite les ressaisir manuellement dans les portails des divers assureurs afin d’obtenir un prix exact ou de conclure une protection. Cette redondance n’est pas qu’une simple frustration ; c’est une perte financière importante. Une étude commandée par l’Association des courtiers d’assurances du Canada (ACAC) a démontré que l’effort manuel associé à la double saisie peut coûter à un cabinet entre 5 % et 8 % de ses revenus totaux.
La vision du CSIO pour une connectivité unifiée
Pour résoudre ce problème, le Centre d’étude de la pratique des assurances (CSIO) évalue la faisabilité d’une passerelle API industrielle afin d’établir une connectivité à l’échelle du secteur et un échange de données fluide. La pierre angulaire de ce plan est le développement d’une passerelle API centralisée.
Actuellement, le paysage de l’intégration est fragmenté, exigeant des connexions complexes de type « plusieurs-à-plusieurs » entre chaque assureur et chaque fournisseur de BMS. La passerelle proposée par le CSIO agit comme un intermédiaire neutre (middleware), simplifiant ces intégrations en traduisant différents formats de données en un flux standardisé unique. En établissant une passerelle API hébergée par le CSIO, l’industrie gagne un point d’entrée sécurisé et fiable qui garantit l’intégrité et la confidentialité des données pour toutes les parties.
Pourquoi c’est important aujourd’hui
L’élan vers cette passerelle s’appuie sur des recherches rigoureuses. Une étude de 2022 commandée par l’ACAC et menée par des experts en flux de travail chez Online Business Systems a quantifié les enjeux :
- Exactitude des soumissions : Environ 38 % des soumissions générées dans un BMS présentent actuellement un écart de plus de 2 % par rapport au prix final du portail de l’assureur.
- Erreur humaine : La saisie manuelle est une cause directe de ces écarts, environ 3 % des transactions nécessitant une correction due à une erreur humaine.
- Économies opérationnelles : Le passage à un modèle API standardisé pourrait réduire les coûts de transaction de 17 % pour les nouvelles affaires et de jusqu’à 50 % pour les modifications de polices.
Une voie collaborative vers l’avenir
Bien que le CSIO dirige l’exécution technique et l’établissement des normes, l’ACAC a été un partenaire essentiel dans ce parcours. Grâce à son initiative d’échange de données (DX), l’ACAC a porté la « voix du courtier », s’assurant que les normes techniques répondent aux problèmes réels du quotidien. Ce partenariat garantit que, tandis que le CSIO travaille avec les grands fournisseurs pour s’assurer que leurs outils sont conformes aux normes CSIO, le résultat final est un écosystème plus agile et rentable pour tous, y compris les courtiers.